Chiot Shar Pei : prix, où l’acheter et comment bien l’accueillir
Avec ses plis caractéristiques et son tempérament indépendant, le Shar Pei est une race qui demande une sélection soigneuse dès le choix du chiot. Avant de craquer pour ce regard si particulier, quelques repères concrets s'imposent : le bon éleveur, le bon âge, les bons documents — et une préparation sérieuse pour les premiers jours.
Le chiot en bref
Bien choisir son chiot
- Observer le comportement de la mère : réservée acceptable, craintive ou agressive = refus
- Chiot curieux et actif, ni prostré ni excessivement peureux
- Yeux dégagés, sans roulement de paupière vers l'intérieur (entropion)
- Peau propre entre les plis, sans rougeur ni odeur suspecte
- Élevage propre, chiots socialisés avec humains et bruits variés
- Tests de santé des reproducteurs présentés (fièvre familiale, yeux)
- Documents complets : pedigree LOF, carnet de santé, attestation de cession et puce I-CAD
Avant l'arrivée : la checklist
- Panier ou caisse de transport avec couverture douce
- Gamelles eau et repas adaptées à sa taille
- Stock d'aliment identique à celui de l'éleveur
- Espace délimité et sécurisé dans la maison
- Jouets de mâchouille adaptés aux chiots
- Rendez-vous vétérinaire dans les 48 h après l'arrivée
- Vérification de l'identification (puce I-CAD) à jour
- Numéro d'un éducateur canin ou d'une puppy class repéré
Prix du chiot Shar Pei : ce qui fait varier le tarif
Chez un éleveur sérieux inscrit au LOF (Livre des Origines Français, le registre officiel des chiens de race), un chiot Shar Pei se négocie généralement entre 1 350 € et 1 500 €. Cette fourchette reste indicative : plusieurs paramètres la font évoluer à la hausse ou à la baisse.
- La lignée : des parents titrés en exposition ou en travail font grimper le prix, parfois au-delà de 1 500 €.
- Le sexe : les femelles sont légèrement plus demandées, ce qui peut se ressentir sur le tarif.
- L’emplacement géographique : les élevages en Île-de-France ou dans les grandes métropoles affichent souvent des prix supérieurs à ceux des régions moins densément peuplées.
- Les tests de santé réalisés : un éleveur qui fait dépister ses reproducteurs (notamment pour la fièvre familiale du Shar Pei ou les problèmes oculaires liés aux plis) investit davantage — et ce coût se répercute légitimement sur le prix du chiot.
Pour aller plus loin sur l’ensemble des coûts à prévoir (alimentation, vétérinaire, assurance), le budget complet du Shar Pei détaille chaque poste de dépense sur la vie de l’animal.
Où acquérir un chiot Shar Pei
Trois canaux principaux existent, avec des niveaux de fiabilité très différents.
- Les éleveurs LOF déclarés : c’est la voie la plus sûre. Un éleveur affilié à la Société Centrale Canine (SCC) est soumis à un cadre réglementaire, tient un carnet d’élevage et délivre un pedigree officiel. Prenez le temps de visiter l’élevage, d’observer les conditions de vie de la portée et de rencontrer la mère.
- Les refuges et associations de sauvetage de race : des Shar Pei adultes ou parfois de jeunes chiens y attendent une famille. L’adoption associative est une alternative sérieuse, avec un suivi comportemental souvent solide.
- Les annonces entre particuliers : elles exigent une vigilance accrue. Exigez toujours les documents officiels, refusez tout vendeur qui propose de livrer le chiot sans visite préalable ou qui ne peut pas présenter la mère.
Les animaleries ne sont pas recommandées pour cette race : la traçabilité y est rarement suffisante, et la socialisation des chiots en contexte de vente commerciale laisse souvent à désirer.
Documents et garanties à la cession
À la remise du chiot, un éleveur sérieux doit fournir un ensemble de documents obligatoires ou fortement recommandés :
- Le certificat de cession : document légal obligatoire en France depuis la loi de 1999, il formalise le transfert de propriété.
- Le carnet de santé à jour : avec les primovaccinations réalisées, le traitement antiparasitaire interne et externe effectué, et la signature d’un vétérinaire.
- L’attestation d’identification : tout chiot vendu en France doit être identifié par puce électronique (transpondeur) ou tatouage avant cession. Vérifiez que le numéro correspond bien à celui enregistré dans la base I-CAD.
- Le pedigree (ou la demande en cours) : si le chiot est LOF, l’éleveur remet soit le pedigree provisoire, soit la confirmation que la demande est déposée auprès de la SCC.
- La fiche d’alimentation : l’aliment utilisé en élevage, les fréquences et quantités recommandées. Ce document est discret mais précieux pour éviter les troubles digestifs liés à un changement brutal de régime.
En cas de vice rédhibitoire (maladie grave détectée dans les délais légaux après la vente), la loi prévoit des recours : conservez toujours les preuves écrites de la transaction.
Alimentation du chiot Shar Pei en croissance
Le Shar Pei est une race de taille moyenne, au métabolisme parfois sensible. Pendant la phase de croissance — qui s’étend approximativement jusqu’à 12-18 mois —, l’alimentation joue un rôle direct sur le développement musculaire, la qualité cutanée et la résistance articulaire.
Quelques principes essentiels :
- Maintenir l’aliment de l’éleveur lors des premières semaines : tout changement de croquettes doit se faire progressivement sur 7 à 10 jours (mélange progressif ancien/nouveau aliment) pour éviter les diarrhées.
- Choisir un aliment formulé pour chiot de taille moyenne : il apporte les bons ratios calcium/phosphore, indispensables à une ossification correcte.
- Adapter les quantités à la croissance réelle : suivre les recommandations du fabricant comme base, mais ajuster selon l’état corporel — on doit sentir les côtes sans les voir.
- Fractionner les repas : 3 repas par jour jusqu’à 4-6 mois, puis 2 repas quotidiens. Cette habitude réduit le risque de dilatation-torsion d’estomac, plus fréquente chez les races au thorax développé.
- Surveiller les intolérances alimentaires : la peau plissée du Shar Pei peut révéler des réactions allergiques ; un changement de pelage terne ou des démangeaisons persistantes justifient un avis vétérinaire.
Socialisation et éducation précoce du Shar Pei
Le Shar Pei est une race naturellement réservée, voire méfiante envers les inconnus. Cette tendance, inscrite dans son caractère depuis ses origines de chien de garde chinois, n’est pas un défaut — mais elle demande une socialisation précoce et régulière pour former un chien équilibré.
La fenêtre de socialisation optimale se situe entre 3 et 12 semaines. Dès son arrivée chez vous, multipliez les expositions positives : environnements variés, personnes différentes (enfants, adultes, personnes avec chapeau, lunettes, vêtements inhabituels), autres animaux bien socialisés, bruits du quotidien (aspirateur, voiture, foule).
L’approche par renforcement positif — qui consiste à récompenser les comportements souhaités (calme, curiosité, contact serein) plutôt qu’à corriger les écarts — est particulièrement adaptée à cette race sensible. Un Shar Pei soumis à des méthodes coercitives a tendance à se fermer, voire à devenir méfiant envers son maître.
- Apprentissage de la solitude : à introduire progressivement dès les premiers jours, jamais brutalement.
- Rappel et marche en laisse : à travailler tôt, car le Shar Pei adulte peut devenir têtu si ces bases sont négligées.
- Cours collectifs de chiots (« puppy classes ») : idéaux entre 8 et 16 semaines pour combiner socialisation et premières notions d’obéissance dans un cadre sécurisé.
Pour structurer l’éducation au-delà des premiers mois, notre guide sur l'éducation du Shar Pei détaille les étapes adaptées à la personnalité de cette race.